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Mise à jour : 9 février 2020

Hasard ou synchronicité ? 1/4

Synchronicite Yin Yang

Le terme « syn­chro­ni­ci­té », appa­ru pour la pre­mière fois en 1928, a été créé par le psy­cha­na­lyste suisse Carl Gustav Jung. Après beau­coup de révi­sions du concept, il a défi­ni la syn­chro­ni­ci­té comme étant une « coïn­ci­dence tem­po­relle de deux ou plu­sieurs évé­ne­ments sans lien cau­sal entre eux et pos­sé­dant un sens iden­tique ou ana­logue. Le terme s’oppose à « syn­chro­nisme », qui désigne la simple simul­ta­néi­té de deux évé­ne­ments. » [1]

                 

Comprendre les synchronicités

Deux aspects d’une même réalité

Plus pré­ci­sé­ment, une syn­chro­ni­ci­té est une cor­res­pon­dance dans le temps entre un évé­ne­ment psy­chique – c’est-à-dire un état de conscience – et un évé­ne­ment phy­sique. L’exemple le plus cou­rant est celui de la per­sonne dont nous n’avons pas eu de nou­velles depuis long­temps, et qui nous appelle exac­te­ment au moment où nous pen­sons à elle. Toutefois, on ne par­le­ra de syn­chro­ni­ci­té que si cet évé­ne­ment prend un sens par­ti­cu­lier pour nous, nous y revien­drons dans le pro­chain article.

Pour Jung, ces deux évé­ne­ments – psy­chique et phy­sique – ne seraient fina­le­ment que les deux aspects d’une même réa­li­té. Il a appe­lé « Unus Mundus » ce concept d’u­ni­té de la réa­li­té, dans lequel : 

« l’étrange prin­cipe de la syn­chro­ni­ci­té agit dans le monde lorsque cer­taines choses (…) se com­portent comme si elles étaient la même chose, tout en ne l’étant pas de notre point de vue. » [2]

                 

L’inconscient collectif et les archétypes

inconscient-collectifSelon Jung, les syn­chro­ni­ci­tés s’articulent autour de deux notions fon­da­men­tales : l’inconscient col­lec­tif et les arché­types. L’incons­cient col­lec­tif repré­sente la psy­ché incons­ciente com­mune à l’humanité, c’est-à-dire l’expérience de toute l’histoire humaine dont nous avons héri­té. C’est un champ à tra­vers lequel se trans­mettent des infor­ma­tions. Il serait de nature à expli­quer par exemple les phé­no­mènes de télé­pa­thie.

Les arché­types s’inscrivent dans ce champ d’information, comme autant d’images pri­mor­diales que l’on retrouve dans les contes, les légendes, les rêves ou les mythes de la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Ils sont sym­bo­liques et nous servent de modèle. Lorsqu’ils sont actifs dans notre psy­ché, les arché­types pro­duisent de manière incons­ciente cer­tains types de com­por­te­ments. Ces-derniers peuvent être affec­tifs ou intel­lec­tuels, et sont com­muns à toute l’hu­ma­ni­té… depuis l’o­ri­gine des temps ! De ce fait, les arché­types sont de nature à la fois intime et imper­son­nelle. C’est uni­que­ment dans le cas où les arché­types acti­vés dans la psy­ché indi­vi­duelle sont en rap­port avec le dan­ger, le risque ou les cir­cons­tances funestes que se mani­fes­te­raient les syn­chro­ni­ci­tés selon Jung. 

                

Yin Yang : signification et philosophie

Le livre des transformations

Avant d’en arri­ver à éla­bo­rer la notion de syn­chro­ni­ci­té, Jung s’est inté­res­sé au Yi Jing, le Livre des trans­for­ma­tions [3] dès 1924. Ce livre était pour lui une méthode d’ex­plo­ra­tion de l’in­cons­cient. Considéré comme le plus ancien texte chi­nois, sa date d’élaboration n’est cepen­dant pas connue avec cer­ti­tude : elle varie selon les hypo­thèses du début du VIIIe siècle av. J.-C. au début de l’ère chré­tienne.

Le Yi Jing est un livre de phi­lo­so­phie et de cos­mo­lo­gie qui peut éga­le­ment être uti­li­sé pour la divi­na­tion. En gar­dant tou­te­fois à l’esprit la notion d’évo­lu­tion inhé­rente à la mani­fes­ta­tion des évé­ne­ments. C’est-à-dire le fait qu’aucune situa­tion n’est jamais figée puisqu’elle s’inscrit dans le mou­ve­ment per­ma­nent de l’univers. Les prin­cipes Yin et Yang repré­sentent en effet les inces­santes trans­for­ma­tions de tous les aspects de la vie et de l’univers.

Le mani­fes­té, le réel, est enser­ré dans ces prin­cipes. Le côté sta­tique du sym­bole qui les repré­sente, appe­lé Taijitu, n’a d’égale que la dyna­mique uni­ver­selle dont ils sont por­teurs. Le Taijitu, immo­bile, repré­sente l’unité située au-delà du mou­ve­ment dua­liste appa­rem­ment géné­ré par le Yin et le Yang.

Yin Yang StatiqueLe Yin sym­bo­lise notam­ment l’obscurité, le froid, l’intériorité, la sou­plesse, le fémi­nin tan­dis que le Yang est asso­cié à la lumière, la cha­leur, l’extériorité, la rigi­di­té, le mas­cu­lin. Le Yin et le Yang ne peuvent se défi­nir que l’un par rap­port à l’autre : ils inter­agissent dans l’interdépendance.

Notre vision occi­den­tale nous les pré­sente comme oppo­sés, alors qu’ils sont com­plé­men­taires. Ils évo­luent dans un mou­ve­ment qui pro­duit inva­ria­ble­ment un pas­sage de l’un à l’autre, offrant ain­si en conti­nu une expé­rience de chaque prin­cipe. Ce pas­sage est uni­que­ment le fruit d’une limi­ta­tion mutuelle puisque le Yin se mani­feste dès que le Yang arrive à son maxi­mum, et inver­se­ment.

              

Vers les synchronicités

Ainsi alternent conti­nuel­le­ment les phases de crois­sance et de décrois­sance de chaque prin­cipe, la crois­sance du Yin étant simul­ta­née et pro­por­tion­nelle à la décrois­sance du Yang, et inver­se­ment. On parle de cir­cu­la­tion alter­na­tive des oppo­sés.

Cette muta­tion d’un prin­cipe vers l’autre va s’opérer pro­gres­si­ve­ment pour abou­tir à un bas­cu­le­ment iné­luc­table. Un peu comme la goutte qui fait débor­der le vase. Si l’on observe le goutte à goutte sans avoir accès au niveau d’eau dans le vase, on ne peut jamais savoir si l’on se trouve dans la phase de lente muta­tion – qui fait mon­ter petit à petit le niveau d’eau – ou très proche du débor­de­ment.

Par ailleurs, nous allons voir qu’il existe des sub­di­vi­sions suc­ces­sives du Yin et du Yang. Elles abou­tissent à une série de 64 figures à six branches. Appelées hexa­grammes, celles-ci repré­sentent les 64 com­bi­nai­sons pos­sibles du Yin et du Yang. Grâce à elles, on peut inter­pré­ter toutes les trans­for­ma­tions pos­sibles.

Dans le cadre d’une divi­na­tion, il suf­fit alors de lais­ser émer­ger le savoir incons­cient, qui va entrer en réso­nance avec l’é­tat de conscience du consul­tant. Dans la pen­sée chi­noise, c’est le Tao qui sous-tend les évé­ne­ments phy­sique et psy­chique  entrant en jeu dans ce pro­ces­sus. Et c’est ce que Jung a cher­ché à tra­duire quand il a éla­bo­ré le terme « syn­chro­ni­ci­té » :                     

« l’Orient fonde sa pen­sée et son éva­lua­tion des faits sur un autre prin­cipe. On n’a même pas de mot pour rendre compte de ce prin­cipe. L’Orient a bien sûr un mot pour cela mais nous ne le com­pre­nons pas. Le mot orien­tal est Tao… J’utilise un autre mot pour le nom­mer mais c’est assez pauvre. Je l’appelle syn­chro­ni­ci­té. » [4]

                 

Quand la physique rejoint la philosophie…

Si le Yi Jing montre la com­plé­men­ta­ri­té des prin­cipes Yin et Yang, il révèle éga­le­ment leurs sub­di­vi­sions suc­ces­sives.

Le Yin et le Yang peuvent en effet cha­cun se divi­ser en sous-éléments Yin et Yang, à l’infini. Par exemple, en hiver, c’est le prin­cipe Yin qui se mani­feste davan­tage que le Yang. Un jour d’hiver sera mani­fes­té par du Yang dans le Yin. Un cré­pus­cule de jour d’hiver sera mani­fes­té par du Yin dans le Yang du Yin. Et nous pou­vons conti­nuer et conti­nuer ain­si à l’infini.

Cette divi­si­bi­li­té sans fin du Yin et du Yang n’est pas s’en rap­pe­ler les trans­for­mées de Fourier, qui déploient une har­mo­nique fon­da­men­tale en une somme infi­nie de fré­quences har­mo­niques. Autrement dit, elle rap­pelle le prin­cipe frac­tal.

Le phy­si­cien Nassim Haramein avance que « le Yi Jing encode la géo­mé­trie de l’espace-temps, et le Yin Yang encode la dyna­mique de l’espace-temps » [5]. Dans sa théo­rie, il existe en effet une ana­lo­gie directe entre le sym­bole du Yin et du Yang et la dyna­mique de l’univers. Le sym­bole Taijitu repré­sente un double tore vu du des­sus, c’est-à-dire un trou noir dans lequel l’information cir­cule. Cela se pro­duit grâce à une boucle de rétro­ac­tion qui agit en conti­nu du vide vers la matière et de la matière vers le vide (voir l’article L’univers frac­tal et holo­gra­phique). En ce sens, le vide est d’ailleurs très proche de la notion d’in­cons­cient col­lec­tif décrite par Jung.

… en passant par la géométrie

Geometrie Du VidePour le phy­si­cien, il existe éga­le­ment une ana­lo­gie entre les 64 com­bi­nai­sons pos­sibles du Yin et du Yang et les 64 tétra­èdres qui décrivent la struc­ture du vide, d’où tout émerge et où tout retourne.

La clé est d’in­ter­pré­ter lit­té­ra­le­ment le Yi Jing, c’est-à-dire de l’ob­ser­ver sous l’angle de la géo­mé­trie. Nassim Haramein part en effet du constant sui­vant : la seule géo­mé­trie 3D qui puisse être géné­rée avec six traits (les six traits des hexa­grammes) est le tétra­èdre [6].  Afin de res­pec­ter la pola­ri­té de l’univers, il est néces­saire de géné­rer un tétra­èdre inverse. Contrairement aux traits du pre­mier tétra­èdre, les traits du second devront en revanche être seg­men­tés, cou­pés en deux. Ainsi les traits des deux tétra­èdres pour­ront se croi­ser. C’est la rai­son pour laquelle, selon lui, le Yi Ching est consti­tué de traits pleins et de traits seg­men­tés, et que chaque sym­bole est en oppo­si­tion symé­trique : 1 et 64, 2 et 63, etc…                
      

« Si vous pre­nez le code, si vous conti­nuez cet assem­blage, vous pour­rez recons­ti­tuer toute la matrice des 64 tétra­èdres. 64 codes for­mant cha­cun un tétra­èdre, ça fait une grille de 512, ce qui repré­sente le niveau frac­tal sui­vant après le 64 (64x8=512). Donc si vous sui­vez le code « Yi Jing » (qui est le tri­gramme de 8) on a les 64 hexa­grammes, qui génèrent les 512 avec toute la pro­gres­sion. »

Dans le pro­chain article de cette série, je vous pro­pose d’explorer les liens entre les syn­chro­ni­ci­tés, l’a­cau­sa­li­té et l’in­cons­cient.

 


Points clés

  • Les syn­chro­ni­ci­tés s’articulent autour de deux notions fon­da­men­tales : l’inconscient col­lec­tif et les arché­types.

  • Les prin­cipes Yin et Yang repré­sentent les inces­santes trans­for­ma­tions de tous les aspects de la vie et de l’univers.

  • Le Yin et le Yang peuvent cha­cun se divi­ser en sous-éléments Yin et Yang, à l’infini : ils suivent un pro­ces­sus frac­tal.

  • Le Yi Jing encode la géo­mé­trie de l’espace-temps, et le Yin Yang encode la dyna­mique de l’espace-temps.

        

             


Notes et références
    

[1] JUNG Carl Gustav, Les Racines de la conscience, Paris : Le livre de poche, 1995, p. 528
[2] JUNG Carl Gustav, cité par meta​psy​chique​.org
[3] WIKIPEDIA. Yi Jing
[4] JUNG Carl Gustav, cité par meta​psy​chique​.org, op.cit.
[5] HARAMEIN Nassim, cité par Resonance Science Foundation – Français
[6] Un tétra­èdre est une pyra­mide à base car­rée, consi­dé­rée comme la brique fon­da­men­tale de construc­tion de l’univers dans la théo­rie de Nassim Haramein.

                    




 

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