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Le principe de cause et d’effet

Principes hermétiques et géométrie 7/8

« Toute Cause a son Effet ; tout Effet a sa Cause ; tout arrive conformément à la Loi ;
 le hasard n’est qu’un nom donné à la Loi méconnue ;
il y a de nombreux plans de causalité, mais rien n’échappe à la Loi. »
[1]

 

Le prin­cipe de cause et d’effet implique que « rien n’ar­rive jamais sans une cause ou, mieux, sans une suc­ces­sion de causes ». Si vous vous sou­ve­nez du prin­cipe de men­ta­lisme, vous vous sou­ve­nez que l’énoncé pré­cé­dent est vrai à une « petite » pré­ci­sion près : « le Tout est au-dessus de toute Cause et de tout Effet, sauf quand il Veut deve­nir une Cause. C’est alors que le Principe se mani­feste ». Ainsi y a‑t-il une Volonté à l’origine de la mani­fes­ta­tion du monde des causes et des effets.

Le prin­cipe de cor­res­pon­dance enseigne que toute mani­fes­ta­tion se pro­duit sur dif­fé­rents plans d’existence. On peut assi­mi­ler ceux-ci à dif­fé­rents plans de cau­sa­li­té, un effet étant tou­jours en cor­res­pon­dance avec une cause. Ils coha­bitent au sein d’un conti­nuum vibra­toire, dans lequel la cause n’a de sens que par rap­port à l’ef­fet et réci­pro­que­ment : c’est le prin­cipe de pola­ri­té. Enlevez la cause, vous enlè­ve­rez l’ef­fet, et neu­tra­li­se­rez ain­si le prin­cipe de rythme.

La phy­sique clas­sique est basée sur une cau­sa­li­té qui se déploie dans la sphère tem­po­relle. Mais d’après les ensei­gne­ments her­mé­tiques, cette-dernière n’est qu’un effet du prin­cipe de vibra­tion, éma­nant lui-même du prin­cipe de men­ta­lisme. Ainsi la phy­sique ne s’est-elle pas déve­lop­pée en lien avec son ori­gine méta­phy­sique. Beaucoup des phy­si­ciens qui l’ont pen­sée et écrite se sont, dès lors, éga­rés entre l’acausalité et le hasard. D’autres récon­ci­lient phy­sique et cau­sa­li­té en fai­sant entrer en jeu l’infor­ma­tion. C’est cette voie que je vous invite à suivre dans cet article.

              

Résonance, hasard, acausalité : une question d’information

Résonance Vs trajectoire

Le déterminisme et la notion de trajectoire


« Un évé­ne­ment est ce qui vient, ce qui arrive, ce qui se pro­duit, comme résul­tat ou comme consé­quence de quelque évé­ne­ment pré­cé­dent (…) Il y a une conti­nui­té entre tous les évé­ne­ments pré­cé­dents, consé­quents et subséquents. »


le-kybalionEn écri­vant ces mots, les ini­tiés du Kybalion se placent du point de vue de l’univers. Leur décla­ra­tion est ain­si adap­tée au monde visible, mor­tel et rela­tif [2] qui se déploie sous nos yeux, dans la sphère tem­po­relle. En ce sens, elle est assez proche de la défi­ni­tion du déter­mi­nisme don­née par la phy­sique clas­sique. Celui-ci implique en effet que tout évé­ne­ment se pro­duise en fonc­tion de l’enchaînement des évé­ne­ments qui l’ont pré­cé­dé. Le déter­mi­nisme est ain­si étroi­te­ment lié aux notions de temps et de tra­jec­toire.

Cependant, pour les her­mé­tistes, der­rière la tem­po­ra­li­té se cache la vibra­tion. C’est là que divergent les cou­rants de pen­sée, la vibra­tion étant aux her­mé­tistes ce que le temps est aux phy­si­ciens : la qua­trième dimen­sion de l’univers. Toutefois, si les phy­si­ciens ont don­né au temps une place dans leurs équa­tions, ils ne l’ont pas défi­ni. Et pour cause, sa nature est aus­si mys­té­rieuse qu’insaisissable [3]. Ils uti­lisent néan­moins cette variable pour pré­dire et anti­ci­per l’évolution des sys­tèmes… du moins jusqu’à un cer­tain point.

En effet, au cours de l’histoire, ils se sont heur­tés à des sys­tèmes les contrai­gnant à remettre en cause les notions de pré­dic­tion, voire de cau­sa­li­té, que ce soit à l’échelle quan­tique ou à l’échelle cos­mo­lo­gique. Parmi ces sys­tèmes se trouvent les sys­tèmes chaotiques. 

                    

Les systèmes chaotiques et la notion de résonance

Bien que les sys­tèmes chao­tiques obéissent à la loi de cau­sa­li­té et au déter­mi­nisme, il est impos­sible de pré­dire leur évo­lu­tion sur le long terme. Celle-ci dépend en effet de la connais­sance des condi­tions ini­tiales… qui ne peuvent jamais être connues avec une pré­ci­sion infi­nie. Cette impré­ci­sion pour­rait être négli­geable, mais il se trouve qu’une infime varia­tion des condi­tions ini­tiales a des consé­quences consi­dé­rables sur l’évolution de ces systèmes.

poincareLe déter­mi­nisme clas­sique s’étant révé­lé insuf­fi­sant pour expli­quer l’ampleur de ces effets, on y a jux­ta­po­sé la notion de chaos. Ainsi est né le chaos déter­mi­niste. Henri Poincaré – et plus tard Ilya Prigogine – avait pour­tant explo­ré une piste plus pro­met­teuse : celle des réso­nances. D’une part les réso­nances rendent obso­lète la façon de pen­ser de la phy­sique new­to­nienne en nous invi­tant à pen­ser autre­ment qu’en termes de tra­jec­toires. D’autre part, elles sont très proches de la pen­sée her­mé­tique. Les réso­nances sont en effet liées à des fré­quences [4], c’est-à-dire à des vibra­tions.

Ainsi, loin de remettre en ques­tion le prin­cipe de cau­sa­li­té, les réso­nances le sou­tiennent au contraire : les sys­tèmes sont sim­ple­ment sou­mis à des causes et des effets de nature vibra­toire. Du fait qu’ils se mani­festent sur dif­fé­rents plans, ils peuvent cepen­dant échap­per à l’univers visible et donc à notre compréhension.

 « Un évé­ne­ment ne crée pas un autre évé­ne­ment ; il en consti­tue un maillon dans la grande chaîne ordon­née des évé­ne­ments sor­tie de l’éner­gie créa­tive Du Tout » enseignent les her­mé­tistes. C’est ain­si qu’un bat­te­ment d’ailes de papillon ne pro­dui­ra pro­ba­ble­ment pas une tor­nade, la tor­nade étant plu­tôt pro­duite par la réso­nance d’un très grand nombre de fluc­tua­tions atmo­sphé­riques [5].

Nous pour­rions d’ailleurs inter­pré­ter l’apparition de la tor­nade comme un hasard si nous ne sommes pas en mesure d’en com­prendre les causes…

               

Le hasard, la cause et l’effet


« Le « Hasard » est sim­ple­ment un mot des­ti­né à expri­mer des causes obs­cures, des causes que nous ne pou­vons per­ce­voir, des causes que nous ne pou­vons comprendre. » 


Le com­por­te­ment futur des sys­tèmes chao­tiques est consi­dé­ré comme entiè­re­ment déter­mi­né par les condi­tions ini­tiales, sans inter­ven­tion du hasard. Ce qui pré­sup­pose que le hasard existe. Pour cer­tains phy­si­ciens sans doute, pour les her­mé­tistes, pas vraiment !

S’inspirant de la pen­sée de Poincaré sur le sujet, le phy­si­cien David Ruelle récon­ci­lie les deux points de vue. Selon lui, si l’incertitude du chaos (la sen­si­bi­li­té des sys­tèmes chao­tiques aux condi­tions ini­tiales) est bel et bien pour Poincaré une source de hasard, cela signi­fie que « le hasard cor­res­pond à une infor­ma­tion incom­plète (…) » [6].

D’ailleurs, il n’y a qu’à obser­ver l’é­vo­lu­tion de ces sys­tèmes. Ils finissent en effet par conver­ger vers des points fixes et pério­diques, appe­lés attrac­teurs, évo­luant ain­si d’un chaos appa­rent vers une cer­taine régu­la­ri­té. Dans le cas de l’attracteur de Lorenz (illus­tra­tion ci-contre), le nombre de tours sur une région ou une autre reste tou­te­fois dif­fi­cile à pré­dire. Mais quel que soit le point de départ – donc quelles que soient les condi­tions ini­tiales – toutes les tra­jec­toires fini­ront par pas­ser par l’une ou l’autre région, et avec la même fré­quence. Si cela vous rap­pelle le prin­cipe de pola­ri­té, c’est bon signe 😉

Finalement, il n’y a pas vrai­ment de place pour le hasard dans cette dyna­mique. En fait, plus on récolte d’information au fur et à mesure de l’évolution du sys­tème, moins il y a de place pour le « hasard »… !

Voyons main­te­nant ce qui se passe dans l’infiniment petit.

                     

Acausalité et théorie de l’information en physique quantique

Il existe en phy­sique quan­tique un concept appe­lé « indé­ter­mi­nisme », qui découle de l’idée selon laquelle les évé­ne­ments n’ont pas de cause. Le prin­cipe d’incertitude for­mu­lé par le phy­si­cien Werner Heisenberg en 1927 en est l’illustration. Il énonce qu’il est impos­sible de déter­mi­ner avec pré­ci­sion et simul­ta­néi­té la vitesse et la posi­tion d’un électron.

Appliqué à la phy­sique quan­tique, le prin­cipe de cau­sa­li­té est : « la capa­ci­té de déduire la posi­tion d’une par­ti­cule quand [on connaît] la posi­tion de cette même par­ti­cule un ins­tant avant » [7]. Sauf qu’en phy­sique quan­tique, cher­cher à connaître la posi­tion d’une par­ti­cule requiert la mise en place de tout un dispositif… !

Celui-ci consiste à envoyer sur la par­ti­cule un pho­ton [8] qui, au moment de l’impact, révè­le­ra la posi­tion de la par­ti­cule. Cette-dernière sera alors pro­je­tée à un endroit indé­ter­mi­né et indé­ter­mi­nable et il devien­dra impos­sible de recons­ti­tuer sa tra­jec­toire. En effet, d’une mesure à l’autre on ne sait jamais où la par­ti­cule va se trou­ver, et en fait, on ne peut même pas être cer­tain qu’elle ait une tra­jec­toire entre deux obser­va­tions.

Si la per­tur­ba­tion du sys­tème nous empêche de connaître la posi­tion de la par­ti­cule à l’instant pré­cé­dent, cela revient à dire qu’il nous manque l’information qui nous per­met­trait d’appliquer le prin­cipe de cau­sa­li­té. Pourtant, « ce n’est pas que [nous devons] reje­ter com­plè­te­ment l’idée que les évé­ne­ments ont des causes, mais seule­ment l’idée que [nous pou­vons] appli­quer le prin­cipe de cau­sa­li­té dans le but de pré­dire » explique le phi­lo­sophe des sciences Michel Bitbol [9] et [10].

L’acausalité peut éga­le­ment se dis­cu­ter à notre échelle, lorsque notre per­cep­tion ordi­naire du monde est trou­blée par des évé­ne­ments inha­bi­tuels, comme les synchronicités…

                

La causalité existe sur plusieurs plans


« 
Puisqu’il y a des plans dif­fé­rents de Cause et d’Effet, et que le plan supé­rieur domine tou­jours le plan infé­rieur, rien ne peut échap­per entiè­re­ment à la Loi. »

Les synchronicités ont-elles une cause ?

synchronicite-et-causaliteEvénements rares et uniques, les syn­chro­ni­ci­tés laissent à la fois émer­veillé et per­plexe. Jung les a nom­mées ain­si après avoir décou­vert « l’existence de phé­no­mènes psy­cho­lo­giques paral­lèles entre les­quels il n’est abso­lu­ment pas pos­sible d’établir une rela­tion cau­sale mais qui doivent être dans un autre ordre de connexions. » [11] A la notion de cau­sa­li­té telle que le déter­mi­nisme clas­sique la défi­nit, il a alors sub­sti­tué un prin­cipe de simi­li­tude de sens. Mais le sens, même s’il est légi­time, remplace-t-il pour autant la causalité ?

La phi­lo­so­phie her­mé­tique nous dit que « Rien n’échappe à la Loi sauf le Tout qui est sa propre Loi ». La cau­sa­li­té est donc bel et bien à l’œuvre dans l’univers. Ainsi, les évé­ne­ments syn­chro­nis­tiques ont-ils une cause, mais celle-ci étant inac­ces­sible à notre conscience, on ne peut les dis­tin­guer que par le sens. L’absence de cause équi­vaut alors fina­le­ment à une absence d’information qui, bien sou­vent, ne résiste pas à l’épreuve du temps : « Un évé­ne­ment est dit acau­sal jusqu’à ce qu’on ait décou­vert sa cause (…) L’histoire des sciences c’est, en défi­ni­tive, la liste des rela­tions cau­sales décou­vertes suc­ces­si­ve­ment entre des objets appa­rem­ment sans rela­tion. » [12]

La cau­sa­li­té à l’œuvre fait entrer en jeu la réso­nance, non pas celle que l’on peut confondre avec le déter­mi­nisme, mais une réso­nance avec un plan de cau­sa­li­té qui se trouve au-delà de notre champ de conscience. En effet, la cau­sa­li­té clas­sique a été éta­blie à par­tir des évé­ne­ments qui sont par­ve­nus jusqu’à notre conscience. Et elle ne peut s’appliquer qu’à ces évé­ne­ments. Je parle donc d’une cau­sa­li­té qui met­trait en jeu un autre niveau de conscience que celui à par­tir duquel nous inter­agis­sons avec le réel. Une cau­sa­li­té qui met­trait en jeu l’incons­cient [13].

                 

Une correspondance entre le conscient et l’inconscient

InconscientCollectifInclure le champ de l’inconscient dans l’équation de la cau­sa­li­té ne veut pas dire que l’on ne peut plus appli­quer le prin­cipe de cau­sa­li­té. Cela veut sim­ple­ment dire que l’on ne peut pas obser­ver sa mise en œuvre dans le champ d’application qui nous est acces­sible. Car si seul l’effet est acces­sible, com­ment pour­rions éta­blir une rela­tion entre l’effet et la cause ?

En revanche, au niveau du champ d’information de l’univers, qu’est-ce qui empê­che­rait qu’une loi de cau­sa­li­té soit à l’œuvre ? Une loi dont nous ne ver­rions l’application qu’au filtre très réduit de notre champ de conscience ?

Si tel était le cas, cela signi­fie­rait que le prin­cipe de cau­sa­li­té agi­rait tout le temps et sur tous les plans mais que nous ne pour­rions obser­ver son action que sur des évé­ne­ments mani­fes­tés. Dans ce scé­na­rio, pour la très grande majo­ri­té d’entre nous, la cau­sa­li­té pren­drait tou­jours le pas sur le sens dans notre inter­pré­ta­tion du monde. Et ce parce que le niveau de conscience à par­tir duquel nous inter­pré­tons le monde est men­tal. Il est linéaire, méca­nique, fon­dé sur l’enchaînement pas­sé / pré­sent / futur et donc sur la cau­sa­li­té. Autant dire que ce scé­na­rio res­sem­ble­rait beau­coup à la réa­li­té que nous connais­sons ! Pourquoi, alors, s’y attarder ?

Parce qu’il élar­git consi­dé­ra­ble­ment notre pers­pec­tive. La cau­sa­li­té, à l’intérieur du cadre men­tal dans lequel nous l’appliquons, exclut le champ de l’inconscient. Cependant, le fait que, mal­gré tout, les syn­chro­ni­ci­tés se mani­festent doit nous faire envi­sa­ger de le prendre en compte. Nous devons l’envisager parce que les syn­chro­ni­ci­tés n’apportent pas n’importe quel type d’information : elles révèlent des infor­ma­tions qui sont en réso­nance avec le champ du conscient. C’est pour­quoi elles font sens.

Intéressons nous main­te­nant à la dyna­mique der­rière le prin­cipe de cause et d’effet.

                 

L’univers connecté : l’effet est déjà dans la cause


« Rien ne peut atteindre plus haut que sa propre source ; rien n’est appli­qué qui ne soit déjà impli­qué ; rien ne se mani­feste dans l’effet qui ne soit déjà dans la cause. »

La lec­ture de cet ensei­gne­ment du Kybalion m’a remis en mémoire la théo­rie de l’ordre impli­cite de David Bohm. Pour ce phy­si­cien, il existe plu­sieurs niveaux de réa­li­té, qui offrent un paral­lèle inté­res­sant avec les dif­fé­rents plans de cau­sa­li­té hermétiques.

Tout d’abord existe le niveau ultime, appe­lé ordre super-implicite, qui reste inson­dable. Il est à l’o­ri­gine de tous les autres, dis­pen­sant une réa­li­té à la fois unique et mul­ti­di­men­sion­nelle. David Bohm explique qu’iI ne peut être per­çu que par un esprit libre et capable d’al­ler au-delà de la pen­sée. On pour­rait le com­pa­rer au Tout hermétique.

Il existe ensuite un ordre de réa­li­té plus acces­sible, mais plus fon­da­men­tal que le monde spatio-temporel que nous connais­sons. Cet ordre se situe au niveau quan­tique et implique l’exis­tence réelle de par­ti­cules et de champs. Le phy­si­cien a refor­mu­lé l’équa­tion de Schrödinger par une fonc­tion d’onde qui guide le che­min des par­ti­cules dans le monde grâce à un para­mètre cru­cial, le poten­tiel quan­tique, ou poten­tiel d’information. Ainsi la matière serait-elle gou­ver­née de manière déter­mi­niste et cau­sale, mais à un niveau de réa­li­té sous-jacent.

holographie-et-principe-de-correspondanceA par­tir des deux niveaux pré­cé­dents émerge l’univers per­cep­tible et mesu­rable. Il s’agit de l’ordre expli­cite, qui serait une mani­fes­ta­tion, une expres­sion ou une pro­jec­tion holo­gra­phique de la réa­li­té impli­cite [14].

L’ordre impli­cite peut être com­pa­ré à l’inconscient col­lec­tif de Jung. Tandis que les syn­chro­ni­ci­tés seraient expli­cables par la cau­sa­li­té induite par le poten­tiel d’information et ses effets non locaux [15].

                   

La dynamique du principe de cause et d’effet

Selon David Bohm, tout dans l’univers passe constam­ment de l’ordre impli­cite à l’ordre expli­cite. Ce flux, appe­lé holo­mou­ve­ment, explique la rela­tion entre la matière et la conscience… par un feed­back conti­nu entre les deux.

Nassim Haramein montre que le vide quan­tique – la conscience en deve­nir [16] ou encore l’énergie – est la source de la matière [17]. Ce qui nous enseigne deux choses. Premièrement il n’y a pas de sépa­ra­tion entre l’énergie du vide et la matière. Et deuxiè­me­ment, il existe une rela­tion de cau­sa­li­té entre les deux : sans l’énergie du vide quan­tique, pas de matière.

 

miroir-fractal

Cela veut dire qu’il existe un plan de cau­sa­li­té qui nous est inac­ces­sible, contrai­re­ment à celui qui se mani­feste au niveau de la matière elle-même, que nous expé­ri­men­tons au quo­ti­dien et sur lequel nous basons notre loi de cau­sa­li­té. Et non seule­ment ce plan de cau­sa­li­té nous est inac­ces­sible mais il met en jeu un délai imper­cep­tible à notre échelle entre la cause et l’effet. Pourquoi ? Parce que l’échange d’informations entre le vide et la matière se fait à la vitesse de la lumière ! Cette boucle de rétro­ac­tion est ren­due pos­sible grâce à la dyna­mique frac­tale de l’univers (dyna­mique qui explique d’ailleurs l’évo­lu­tion des attrac­teurs étranges en théo­rie du chaos). Comme un niveau frac­tal reprend et com­plète les infor­ma­tions du niveau pré­cé­dent, le niveau anté­rieur consti­tue ain­si la cause du niveau postérieur.

Par ailleurs, le feed­back conti­nu d’information entre la matière et le vide, entre ce qui par­vient à la conscience et ce qui reste dans le champ de l’inconscient, explique éga­le­ment les syn­chro­ni­ci­tés. Ainsi, une cause incons­ciente peut avoir un effet conscient et une cause consciente peut avoir un effet incons­cient.

                      

Devenir la cause des plans inférieurs

Nous ali­men­tons à la fois les causes et les effets du monde et de la créa­tion, même si nous avons sou­vent ten­dance à ne nous consi­dé­rer que comme un effet, voire une vic­time. Victime de notre pas­sé, des cir­cons­tances, des autres per­sonnes, du temps qui passe, de l’environnement, de la conscience de masse…

Apprendre à équi­li­brer la per­cep­tion de notre propre influence sur le monde est la condi­tion à laquelle nous repren­drons notre pou­voir. Car si nous ne pas­sons pas maître dans l’art d’être une cause consciente, nous vivrons notre vie en vic­time. Telle est la loi de la polarité.

Se consi­dé­rer comme un effet et non comme une cause limite notre liber­té. La phy­sique uni­fiée décrite par Nassim Haramein pro­pose un modèle où le déter­mi­nisme a autant sa place que le non-déterminisme [18]. Cela rejoint l’enseignement hermétique.

 

« (…) Aucun côté de la contro­verse [entre libre-arbitre et déter­mi­nisme] n’est entiè­re­ment exact (…) Le Principe de Polarité montre que toutes deux ne sont que des demi-Vérités, les pôles oppo­sés de la Vérité. La Doctrine enseigne qu’un homme peut être à la fois Libre ou Lié par une néces­si­té quel­conque ; tout dépend du sens des mots et de la hau­teur de la Vérité d’où la ques­tion est exa­mi­née. Les anciens écri­vains exa­mi­naient le sujet comme il suit : « Plus la créa­tion est éloi­gnée du Centre, plus elle est déter­mi­née ; plus elle se rap­proche du Centre plus elle est près de la Liberté. » » [19]

 

Se rap­pro­cher du centre, c’est deve­nir un Maître. Les Hermétistes forment une par­tie consciente de la Loi, au lieu d’en être des ins­tru­ments incons­cients. Ils maî­trisent l’art de s’élever au-dessus du plan ordi­naire de la Cause et de l’Effet. Ainsi obéissent-ils à la Causalité du plan supé­rieur tout en régnant sur leur propre plan.

Pour clore cette série sur les prin­cipes her­mé­tiques, je vous invite à décou­vrir le hui­tième et der­nier volet : le prin­cipe de genre.

             

                 

             


Points clés

  • Les sys­tèmes chao­tiques et la phy­sique quan­tique remettent en ques­tion les notions de pré­dic­tion, voire de causalité.

  • L’introduction de la notion de réso­nance pour expli­quer la dyna­mique des sys­tèmes phy­siques (Poincaré, Prigogine et Haramein) rejoint la vision her­mé­tique du prin­cipe de cause et d’effet.

  • Les notions de hasard et d’a­cau­sa­li­té ne tiennent plus dès lors qu’il y a un apport d’information.

  • Les her­mé­tistes maî­trisent l’art d’être une cause consciente : à méditer !

 

                   

                     

                       



Notes et références

 

Résonance, hasard, acausalité : une question d’information

[1] Sauf indi­ca­tion contraire, toutes les cita­tions en ita­lique pro­viennent du Kybalion.
[2] Voir la sec­tion consa­crée au divin para­doxe dans l’article sur le Principe de pola­ri­té.
[3] Voir éga­le­ment l’article sur l’irré­ver­si­bi­li­té, la mémoire et l’entropie.
[4] « La notion de réso­nance carac­té­rise un rap­port entre des fré­quences (…) La réso­nance se pro­duit lorsque (…) deux fré­quences (…) cor­res­pondent à un rap­port numé­rique simple (l’une des fré­quences est égale à un mul­tiple entier de l’autre) (…) Les fré­quences, et en par­ti­cu­lier la ques­tion de leur réso­nance, sont au cœur de la des­crip­tion des sys­tèmes dyna­miques. » (Ilya Prigogine)
[5] Voir éga­le­ment la sec­tion consa­crée à l’effet papillon dans l’article sur les sys­tèmes chao­tiques.
[6] RUELLE David, Chaos, impré­dic­ti­bi­li­té, hasard [vidéo], L’université de tous les savoirs, confé­rence n°218, août 2000
[7] HEISENBERG Werner, cité par BITBOL Michel (2013, 18 jan­vier), Dissiper les pro­prié­tés intrin­sèques et l’existence intrin­sèque, In : Fleurs du dhar­ma, Mind and Life XXVI – Esprit, cer­veau et matière, pp.9–10
[8] Le pho­ton est le quan­tum d’éner­gie asso­cié aux ondes élec­tro­ma­gné­tiques.
[9] BITBOL Michel, Dissiper les pro­prié­tés intrin­sèques et l’existence intrin­sèque, op.cit., p.10
[10] Voir éga­le­ment l’article Indéterminisme et intri­ca­tion.

 

La causalité existe sur plusieurs plans

[11] JUNG Carl Gustav, Ma vie : sou­ve­nirs, rêves et pen­sées, Paris : Gallimard, Collection Folio, 1991, p. 463
[12] REEVES Hubert. (1990). Incursion dans le monde acau­sal, In : La Synchronicité, l’âme et la science, H. Reeves, M.Cazenave, P. Solié et al., Editions Séveyrat, p.11
[13] Voir éga­le­ment l’article Hasard ou syn­chro­ni­ci­tés 2/4.
[14] Pour en savoir plus, vous pou­vez consul­ter l’article L’univers holo­gra­phique : l’unité sous-jacente
[15] Il s’agit du phé­no­mène d’intrication dans lequel l’information est trans­mise ins­tan­ta­né­ment – donc à une vitesse plus grande que celle de la lumière – d’une par­ti­cule à l’autre. Voir à ce sujet la sec­tion consa­crée dans l’article sur l’indéterminisme et l’intrication.
[16] Voir éga­le­ment la sec­tion consa­crée à la dif­fé­rence entre awa­re­ness et conscious­ness dans l’article sur l’expérience consciente.
[17] Voir la théo­rie du champ uni­fié.

 

Devenir la cause des plans inférieurs

[18] Voir la sec­tion consa­crée dans l’ar­ticle L’univers est-il déter­mi­niste ?
[19] Voir éga­le­ment l’ar­ticle Le libre-arbitre existe-t-il ?

 




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